Quand Christiane Taubira, alors députée de Guyane, dépose sa proposition de loi en 1998, elle porte une exigence simple : que la République française reconnaisse le crime contre l'humanité qu'a été la traite négrière et l'esclavage colonial. Trois ans plus tard, le 21 mai 2001, l'Assemblée nationale adopte à l'unanimité ce qui deviendra la loi Taubira.

« La traite et l'esclavage ne sont pas un événement parmi d'autres de l'Histoire ; ils sont l'envers de la modernité, le négatif de la lumière. » — Christiane Taubira

Une loi qui transforme.

La loi du 21 mai 2001 fait bien plus qu'un acte symbolique. Elle impose une chose : les programmes scolaires doivent accorder à la traite et à l'esclavage la place qu'ils méritent. Elle permet à des associations comme NHOIR d'avoir un cadre légal pour porter cette mémoire dans les écoles, les institutions, l'espace public.

Elle instaure aussi la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, fixée au 10 mai. Une date pour la France métropolitaine. Mais les départements d'outre-mer, eux, ont conservé leurs dates propres — celles où l'esclavage a réellement cessé, sur le terrain, après l'insurrection ou par décret.

Pourquoi elle compte aujourd'hui.

Christiane Taubira a continué, après cette loi, à porter d'autres combats : ministre de la Justice de 2012 à 2016, elle a fait passer le mariage pour tous et bataillé pour une justice plus humaine. Mais c'est sans doute sa loi mémorielle qui marquera le plus l'histoire des Antilles-Guyane.

Aujourd'hui, alors que les jeunes générations grandissent dans une France où le récit national reste fragile sur ces questions, son nom reste celui d'une exigence : nommer pour comprendre, comprendre pour transmettre.